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Chagall : les années décisives, 1911-1918


Publié le 20 juillet 2018

Le temps d’une exposition estivale au musée Guggenheim à Bilbao, près de  80 peintures et dessins rappellent au travers d’une exposition « Chagall : les années décisives, 1911-1918 », les débuts explosifs du XXème. Une époque créative où se côtoyèrent à Paris des artistes d’avant-garde de divers horizons et divers mouvements.

S’inspirant du surréalisme, du cubisme et du fauvisme, Chagall a composé son propre style dont les thèmes étaient liés à une biographie atypique.
Né à Liozna en 1887, Mark Zakharovitch Chagal vécut une enfance heureuse à Vitebsk, dans la Biélorussie de l’Empire russe. Sa mère y tenait une épicerie et son père était employé à la synagogue dont le grand-père était le précepteur et chantre.
Attiré par l’art pictural, il quitta son nid familial pour étudier à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg et fit la connaissance du célèbre peintre décorateur et costumier Léon Bakst, l’un des fondateurs avec Serge Diaghilev et Alexandre Benois, en 1898, du mouvement « Le Monde de l’Art » (Mir Iskusstva).
En ce début de siècle (1911), comme de nombreux artistes de son époque, Chagall s’installa à Paris, alors capitale des Arts. Ses toiles évoquent les réminiscences de l’art populaire russe et de sa culture familiale s’entremêlant avec l’avant-garde parisienne qu’il côtoya. Parmi ses proches, on peut citer Pablo Picasso, Robert et Sonia Delaunay et Jacques Lipchitz, Guillaume Apollinaire ...
En 1914, de retour en Russie, à Vitebsk, il épousa  Bella Rosenfeld. Il aurait souhaité revenir à Paris, mais la première guerre mondiale est déclarée et l’oblige à rester huit ans de plus en Russie ; le pays en pleine révolution s’est métamorphosé en union soviétique. Une époque très sombre où l'artiste réalisa de nombreux dessins sur les ravages de la guerre, sur la vie dans sa communauté et sur le pays.
Cependant Chagall adhéra au système communiste, puisque il fut nommé commissaire des Arts à Vitebsk. En 1922, Chagall réussit à s'échapper de l’Union Soviétique pour Berlin puis Paris.
En 1937, il obtiendra la nationalité française. Sa vie s’acheva en France où il s’éteignit en 1985 à Saint-Paul-de-Vence. Entre temps, le ministre de la culture, André Malraux commanda à l’artiste une toile de 220 m2 sur le thème de la musique et de la danse qui recouvrit le plafond de l’Opéra Garnier (1962) ! Une œuvre contemporaine critiquée jusqu’à présent, car l’œuvre de Chagall ne s’harmonise guère avec l’architecture fin XIXème du Palais Garnier. Aujourd’hui, sous la toile de Chagall, demeure encore celle de Jules-Eugène Lenepveu (1819-1898), grand prix de Rome, intitulée « Les muses et les heures du jour et de la nuit » !

Jusqu’au 22 septembre, exposition « Chagall : les années décisives,1911-1918 », les débuts explosifs du XXème, au musée Guggenheim à Bilbao, ouvert de 10h à 20h du mardi au dimanche.

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